Réunie le mardi 7 juin, la Délégation sénatoriale à la Décentralisation a émis, sur le rapport de Marie-Thérèse Bruguière (UMP, Hérault), une vingtaine de propositions pour lutter contre la désertification médicale.
La moitié vise à « endiguer le dépeuplement médical dans les zones fragiles ».
Partant du constat que les futurs praticiens effectuent l’intégralité de leurs études
en milieu urbain (et notamment leurs stages pratiques en CHU, alors que seulement 1 pour 100 sont
appelés à y exercer leur profession), les sénateurs de la délégation préconisent d’abord de
leur permettre de « découvrir l’intérêt d’exercer en milieu rural et de se départir de
certaines idées reçues sur la vie quotidienne dans les zones concernées ». A cette fin, ils
recommandent notamment de prévoir une année de formation pratique dans des zones fragiles (sans
allonger la durée totale des études).
Les sénateurs émettent également plusieurs recommandations pour « favoriser
l’installation des professionnels en exercice » : mettre à leur disposition, dans chaque
région, un professionnel de l’ingénierie de projet pour les accompagner dans les démarches à
accomplir (administratives, recherches de financements, de partenaires…) ; créer un
dispositif national d’« assurance-investissement » garantissant aux candidats à
l’installation en zone fragile le rachat de leur cabinet lors de leur cessation
d’activité…
L’autre moitié des propositions de la Délégation vise à « optimiser le temps médical »,
autrement dit à faire en sorte qu'une heure de travail d'un professionnel permette de réaliser le
maximum de soins, sans nuire à leur qualité.
Pour ce faire, les sénateurs émettent en particulier deux séries de suggestions :
– les unes tendent à éviter que les différents acteurs de la chaîne médicale
accomplissent des tâches ne correspondant pas à leur niveau de qualification : les médecins
pourraient ainsi être déchargés de certaines manipulations simples et répétitives grâce à une
incitation à la spécialisation des professionnels paramédicaux (par des formations complémentaires)
et à la reconnaissance de la profession d’assistant de santé (par la mise en place
d’une filière d’études adaptées associant connaissances de gestion, informatiques et
médicales) ;
– les autres portent sur le développement de la télémédecine : créer des plates-formes
de télésanté ; clarifier le droit relatif à la télémédecine afin notamment d’identifier les
responsabilités des différents intervenants ; généraliser le dispositif du tiers-payant aux actes
de téléconsultation…