Le Sénat a adopté, samedi 5 décembre 2009, le deuxième volet de la réforme de la taxe professionnelle, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2010.
Les dispositions relatives à la réforme ont été scindées en deux temps :
- les dispositions ayant vocation à être opérationnelle dès le 1 er janvier 2010 : suppression de la taxe professionnelle, création de deux nouvelles contributions, compensation-relais ;
- et, ensuite, les dispositions, qui entreront en vigueur à compter du 1 er janvier 2011 : répartition des deux nouvelles cotisations entre les différents échelons territoriaux, compensation dont bénéficieront les collectivités territoriales à partir du 1 er janvier 2011, dispositifs de péréquation.
Les principaux apports du Sénat
S’agissant de la répartition du produit de la "cotisation sur la valeur ajoutée", le Sénat a adopté l’affectation suivante :
Les départements recevront en compensation la part régionale de la taxe foncière sur les propriétés bâties (740 millions d'euros) et la moitié de la nouvelle imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (IFER énergie, pour 250 millions d'euros).
Le Sénat a également voté la création de trois fonds nationaux de garantie individuelle des ressources (FNGIR) (un par niveau de collectivité territoriale), alimentés par des contributions des collectivités territoriales « gagnantes » à l'issue de la réforme pour ensuite les reverser aux collectivités territoriales « perdantes ».
Par ailleurs, à compter de 2011, seront mis en place, dans chaque département, en remplacement des fonds départementaux de péréquation de la taxe professionnelle (FDPTP), des systèmes de péréquation des ressources des communes et des établissements publics de coopération intercommunale permettant de corriger les inadéquations de la répartition ou de la croissance des ressources entre ces collectivités territoriales et établissements publics au regard de l'importance de leurs charges ou de la croissance de ces charges.
A compter de 2015, ces fonds auront vocation à se transformer progressivement enfonds de péréquation en lien avec la réalité économique des territoires.
Enfin, un fonds de péréquation des droits d'enregistrement départementaux sera mis en place à partir de 2011, en remplacement des fonds départementaux de péréquation des droits de mutation à titre onéreux, supprimés par le Sénat dans le cadre de la discussion de la première partie de la loi de finances.
Le Sénat a également adopté le principe de deux rendez-vous législatifs, prévus pour fin juin 2010 et pour 2011, afin de réajuster les dispositions votées en loi de finances en fonction des apports liés à la réforme des collectivités territoriales.
La commission mixte paritaire (7 députés, 7 sénateurs) se réunit le 14 décembre pour finaliser les arbitrages entre l'Assemblée nationale et le Sénat.
Source : Lettre hebdomadaire du Carrefour n° 390 du 7 décembre 2009
Le dossier sur le site du Sénat